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	<title>Série Femmes entrepreneures Archives | Fonds des médias du Canada</title>
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	<title>Série Femmes entrepreneures Archives | Fonds des médias du Canada</title>
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		<title>Sophie Ferron de Media Ranch: l’entrepreneuriat comme mode d’expression</title>
		<link>https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/sophie-ferron-media-ranch-entrepreneuriat-mode-expression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Monneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2020 15:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/Sophie_Ferron_HERO-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="Media_Ranch_CEO_Sophie_Ferron" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" fetchpriority="high" /><p>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre&#8230;</p>
<p>The post <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/sophie-ferron-media-ranch-entrepreneuriat-mode-expression/">Sophie Ferron de Media Ranch: l’entrepreneuriat comme mode d’expression</a> appeared first on <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/">Fonds des médias du Canada</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/Sophie_Ferron_HERO-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="Media_Ranch_CEO_Sophie_Ferron" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p><span style="font-weight: 400;">En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre de femmes inspirantes pour vous proposer une série de contenus autour de l’entrepreneuriat au féminin dans les industries des écrans. Pour ce sixième portrait, nous avons choisi de vous présenter Sophie Ferron, la force motrice de Media Ranch, société canadienne de distribution de formats télévisuels.</span></p>
<p><a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/tag/serie-femmes-entrepreneures/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>&gt; Lisez nos autres portraits de femmes entrepreneures dans l’industrie des écrans</b></a></p>
<figure id="attachment_13295" aria-describedby="caption-attachment-13295" style="width: 696px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-13295 size-large" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/SophieFerron_4┬®SandraLarochelle.jpg" alt="Media_Ranch_PDG_Sophie_Ferron" width="696" height="464" /><figcaption id="caption-attachment-13295" class="wp-caption-text">Crédit: <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Quand on grandit à l’intersection des milieux de la production, des médias et de la politique, il y a de fortes chances que l’on développe un sens aigu des affaires et de l’engagement. Ces chances, Sophie Ferron les a saisies dès son plus jeune âge. De son père, entrepreneur en série aux mille métiers ― dont celui de producteur ― elle a rapidement appris la valeur d’un produit et les notions de commandes, de clients, de profits. De sa mère ― députée, puis sénatrice ― elle a appris la ténacité.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sa fibre entrepreneuriale, elle l’a d’abord mise à profit comme salariée. «J’ai vite compris que j’avais besoin de latitude et de pouvoirs de gestion pour être bien dans un poste; quand je n’en avais pas, je n’étais pas heureuse». Son parcours de gestionnaire s’est allongé au sein d’Astral Média, puis chez Technicolor, où elle a occupé le poste de vice-présidente de la distribution.Elle rejoint ensuite TQS comme chef des opérations.</span></p>
<figure id="attachment_13297" aria-describedby="caption-attachment-13297" style="width: 682px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-13297 size-large" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/SophieFerron_7┬®SandraLarochelle.jpg" alt="Media_Ranch_PDG_Sophie_Ferron" width="682" height="1024" /><figcaption id="caption-attachment-13297" class="wp-caption-text">Crédit: <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></figcaption></figure>
<h2><span style="font-weight: 400;">Les valeurs comme moteur de création d’entreprise</span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2008, Sophie Ferron se retrouve à la croisée des chemins. Elle perd son emploi à TQS et se sépare de son conjoint; deux évènements qui l’amènent à réfléchir sur ses valeurs et sur ce qu’elle veut vraiment. La réponse tient en en quelques mots: contenus, création et une entreprise basée sur la collaboration, qui lui ressemble. Ainsi, d’un mandat de consultation avec la société néerlandaise Endémol, géant international des formats télévisuels, est née Media Ranch, dont elle dit fièrement que «ce n’est pas qu’une entreprise, c’est un mode d’expression, un prolongement de moi.»</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le modèle d’affaires est ambitieux par son unicité: être la première entreprise canadienne à produire et distribuer des formats qui voyagent à travers le monde tout en développant des formats canadiens à haut potentiel. Et c’est ici que les valeurs prennent toute la place: il faut être en mode collaboration avec des producteurs qui sont parfois des compétiteurs. «Quand j’aime une émission, je le dis. Il faut savoir reconnaître que quelqu’un a eu l’idée que tu aurais aimé avoir. Le succès des autres n’enlève rien au mien; au contraire, il faut se réjouir, être fier que le Québec et le Canada réussissent.» dit-elle.</span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">A modèle unique… financement absent</span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Le succès, après 12 années d’existence, est au rendez-vous. La très grande majorité de l’activité de l’entreprise vient de ses partenariats internationaux avec des entreprises telles que la </span><a href="https://www.dr.dk/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">télévision publique Danoise DR</span></a><span style="font-weight: 400;">, l’agence américaine </span><a href="https://www.icmpartners.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">ICM Partners</span></a><span style="font-weight: 400;"> ou l’italienne </span><a href="http://www.pandoraformat.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">Pandora Format</span></a><span style="font-weight: 400;">. Des formats tels que le jeu télévisé </span><i><span style="font-weight: 400;">Watch</span></i><span style="font-weight: 400;"> se vendent dans des dizaines de territoires. Lors du MIPCOM 2019, elle a donné une deuxième vie à </span><i><span style="font-weight: 400;">Surprise sur prise,</span></i><span style="font-weight: 400;"> qui a fait son grand retour sur la chaîne France Télévisions ce printemps. Mais Sophie Ferron reconnaît que son entreprise pourrait être encore plus développée avec un meilleur accès au financement.</span></p>
<figure id="attachment_13301" aria-describedby="caption-attachment-13301" style="width: 696px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-13301 size-large" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/SophieFerron_9┬®SandraLarochelle.jpg" alt="Media_Ranch_PDG_Sophie_Ferron" width="696" height="464" /><figcaption id="caption-attachment-13301" class="wp-caption-text">Crédit: <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">«Expliquer à des banques que ta valeur d’entreprise, c’est de la propriété intellectuelle, ça ne rentre pas dans leurs modèles traditionnels. Pour expliquer ce que fait Media Ranch, j’utilise souvent l’image du logiciel: cela prend beaucoup de recherche et développement ― et pour cela, il faut des capitaux. C’est encore difficile de convaincre que la «P.I.», c’est pérenne, que ça peut être très rentable et permettre de capitaliser une entreprise», explique-t-elle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">De plus, à l’heure où les gouvernements fédéral et provincial parlent beaucoup d’export de la culture et reconnaissent, à juste titre, toute la créativité qui existe ici, Sophie Ferron déplore que les formats soient les grands absents des discussions et, par conséquent, du financement. «Les émissions de télévision qui s’exportent le plus? Les jeux. Et ici, comme on produit en fonction des fonds publics et pas en fonction du marché, les jeux et tout ce qui est “non-fictionnel” [</span><i><span style="font-weight: 400;">unscripted</span></i><span style="font-weight: 400;">] n’est finançable ni en développement, ni en production», se désole-t-elle. Elle ajoute: «C’est comme si tu ouvrais une boutique de vêtements, mais refusais de vendre la petite robe cocktail noire que tout le monde veut!»</span></p>
<h2><span style="font-weight: 400;">S’inspirer d’autres industries pour tracer sa route </span></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">La spécialiste des formats n’utilise pas l’analogie avec l’industrie des technologies uniquement que pour convaincre les banques. C’est également sa source d’inspiration pour le développement de Media Ranch. </span></p>
<figure id="attachment_13303" aria-describedby="caption-attachment-13303" style="width: 696px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-13303 size-large" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/SophieFerron_10┬®SandraLarochelle.jpg" alt="Media_Ranch_PDG_Sophie_Ferron" width="696" height="464" /><figcaption id="caption-attachment-13303" class="wp-caption-text">Crédit: <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">En 2018, </span><a href="https://mediaranch.tv/2018/12/20/lecurie-prend-son-envol/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><span style="font-weight: 400;">elle crée L’Écurie</span></a><span style="font-weight: 400;"> en partenariat avec Québecor.L’incubateur,aura la mission d’offrir du mentorat et de l’encadrement d’experts pour la conception et le développement de formats à des groupes de six à huit créateurs. «Après deux années d’existence, nous avons déjà quatre projets de formats entièrement conçus ici qui sont en circulation sur les marchés internationaux», dit Sophie Ferron. Car si Media Ranch distribue pour le moment des formats étrangers, sa vision est claire: proposer, d’ici cinq ans, un catalogue de formats majoritairement canadiens.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">L’objectif de Sophie Ferron est enfin ― et surtout ― de rester authentique dans tout ce qu’elle entreprend. Au fur et à mesure de la progression de sa carrière, elle a su prendre sa place, même là où on ne voulait pas l’attendre. </span></p>
<figure id="attachment_13305" aria-describedby="caption-attachment-13305" style="width: 696px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-13305 size-large" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/SophieFerron_2┬®SandraLarochelle.jpg" alt="Media_Ranch_PDG_Sophie_Ferron" width="696" height="464" /><figcaption id="caption-attachment-13305" class="wp-caption-text">Crédit: <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></figcaption></figure>
<p><span style="font-weight: 400;">Elle se remémore ses premières années sur le marché américain ― elle est souvent à Los Angeles ― où on la recevait avec condescendance, ne jugeant pas nécessaire d’accorder de l’attention à une femme, canadienne-française de surcroît. «J’ai vraiment travaillé fort pour faire ma place et je suis heureuse de voir le changement qui s’opère depuis les dernières années pour une meilleure reconnaissance des femmes en affaires et dans la société», se réjouit-elle.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Sophie Ferron, la meilleure façon de prendre sa place est de rester soi-même, d’aimer ce que l’on fait, de faire preuve de bienveillance et de ne jamais aller contre ses valeurs. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce conseil, elle le répète à ses deux filles et à toute future entrepreneure.</span></p>
<hr />
<p><em>Note: Les photos qui accompagnent cet article ont été prises avant la pandémie de COVID-19.</em></p>
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		<item>
		<title>Ava Karvonen: guider la prochaine génération de producteurs en télé et cinéma</title>
		<link>https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/ava-karvonen-guider-la-prochaine-generation-de-producteurs-en-tele-et-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stephanie Dubois]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Nov 2019 01:55:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191017-IK-005-e1574979238436-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille rencontre des femmes inspirantes&#8230;</p>
<p>The post <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/ava-karvonen-guider-la-prochaine-generation-de-producteurs-en-tele-et-cinema/">Ava Karvonen: guider la prochaine génération de producteurs en télé et cinéma</a> appeared first on <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/">Fonds des médias du Canada</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191017-IK-005-e1574979238436-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p><strong>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille rencontre des femmes inspirantes dans le cadre d’une série d’articles axée sur l’entrepreneuriat au féminin dans les industries du cinéma et de la télévision. Pour ce cinquième article de la série, nous accueillons Ava Karvonen, <em>storyteller</em> et productrice multiplateforme qui croit en l’importance de donner une voix aux femmes.</strong></p>
<p><a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/tag/serie-femmes-entrepreneures/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>&gt; Lisez nos autres portraits de femmes entrepreneures dans l’industrie des écrans</b></a></p>
<p>Les débuts d’Ava Karvonen dans les industries du cinéma et de la télévision relèvent d’une affaire de famille. Son père est devenu cinéaste à temps plein lorsqu’elle était préadolescente et ses premières productions ont été des films écologiques ainsi que des pièces de radio théâtre. Et, comme Karvonen le souligne, il sollicitait continuellement l’aide de ses cinq enfants.</p>
<p>Elle se rappelle que les vacances en famille dans les Rocheuses se transformaient souvent en plateaux de tournage impromptus. «Mon père, lorsque nous étions en camping ou dans les montagnes, traînait toujours son matériel cinématographique avec lui, dit-elle. Il nous disait, par exemple, “Hé, les enfants, faites sortir cet ours du buisson pour moi.” C’est ainsi que nous avons grandi.»</p>
<figure id="attachment_12262" aria-describedby="caption-attachment-12262" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191017-IK-001.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12262" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191017-IK-001.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12262" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<p>Karvonen et ses quatre frères et sœurs ont souvent été appelés par leur père à l’aider dans son travail cinématographique. En particulier, Karvonen a développé un intérêt pour l’industrie de la production de contenu sur l’écran. Entre les 7e et 9e années, Karvonen a servi de voix dans les pièces de radio théâtre de son père.</p>
<p>«Nous formions une grande famille, nous apportions tous notre contribution et il était toujours attendu de nous que nous donnions un coup de main», se rappelle-t-elle. Elle se rappelle avoir passé du temps en famille à regarder des productions de son père dans des amphithéâtres extérieurs.</p>
<p>Initialement, les étés passés dans les montagnes avaient incité Karvonen à vouloir devenir interprète de parc. Cependant, elle ne réussissait jamais à trop s’éloigner d’un plateau de tournage. Pendant ses études, il lui arrivait souvent d’aider son père avec du travail de montage, de son et de production.</p>
<h2>À propos de l’«adaptabilité»</h2>
<p>Comme les emplois d’interprète de parc se faisaient rares à la fin de ses études, Karvonen a continué dans l’industrie cinématographique et acceptait tout emploi dans les coulisses qui s’offrait à elle.</p>
<p>«J’ai toujours su m’adapter, dit-elle. J’ai travaillé comme assistante réalisatrice, j’ai été figurante et j’ai fini par aboutir dans les services de traiteur. Je suis une mère, je cuisine bien et j’aime m’occuper des gens. J’ai donc travaillé dans les services de traiteur pendant un certain temps.»</p>
<p>En effet, elle a œuvré dans les services de traiteur pendant plusieurs années tout en travaillant avec son père sur ses films. Plus tard, elle a accepté un poste comme agente de publicité pour le compte de Great North Productions, un des principaux réalisateurs canadiens de documentaires. Mais elle voulait plus. C’est dans les années 1980 – et après plusieurs années de travail sur des projets à saveur canadienne, que Karvonen a décidé que le moment était venu pour elle de voler de ses propres ailes et de démarrer sa propre entreprise.</p>
<p>De là est née Reel Girls Media.</p>
<figure id="attachment_12256" aria-describedby="caption-attachment-12256" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-013.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12256" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-013.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12256" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<p>Grâce à l’expérience qu’elle avait acquise au sein d’autres sociétés de production, Karvonen a pu mettre la main d’emblée sur du financement pour ses projets. Néanmoins, elle affirme que son principal obstacle financier au début était le fait qu’elle était une productrice située en Alberta.</p>
<p>«Le défi constant, c’est que ça vous coûte quelques milliers de dollars chaque fois que vous voulez aller rencontrer les gens à Toronto. J’ai rencontré des obstacles parce que les gens font référence à Toronto comme “le centre d’excellence” et que nous devrions contribuer au développement des cinéastes qui se trouvent dans ces centres d’excellence. Si vous êtes en région, on vous snobe un peu, dit-elle. À des fins de validation, on s’attend à ce que vous travailliez avec les producteurs à Toronto. Pourtant, nous créons de l’excellent contenu ici dans l’Ouest.»</p>
<figure id="attachment_12252" aria-describedby="caption-attachment-12252" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-017.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12252" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-017.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12252" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<p>Aussi, elle affirme qu’il n’a pas toujours été facile comme femme d’obtenir du financement et que la situation peut encore aujourd’hui s’avérer compliquée.</p>
<p>Karvonen suggère aux femmes cinéastes d’établir des liens avec des intervenants des industries du cinéma et de la télévision en faisant du bénévolat ou encore en assistant à des événements de l’industrie. Surtout, elle encourage les jeunes femmes cinéastes à persévérer. «Cette industrie doit offrir plus de possibilités à plus de femmes», soutient-elle. C’est grâce aux liens qu’elle avait établis dans le passé qu’elle a réussi à conclure un des premiers contrats pour Reel Girls Media: une série spéciale dans le cadre de l’émission <em>The Nature of Things</em> diffusée sur les ondes de la CBC.</p>
<p>Depuis, Reel Girls Media a travaillé sur tout un éventail de projets, du documentaire jusqu’aux productions factuelles. Karvonen a créé des documentaires et des émissions pour enfants en plus d’avoir réalisé des émissions de télévision comme <em>Chaos and Courage</em> pour APTN.</p>
<figure id="attachment_12258" aria-describedby="caption-attachment-12258" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-011.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12258" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-011.jpg" alt="" width="2560" height="1712" /></a><figcaption id="caption-attachment-12258" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<p>Plusieurs de ses projets reposent sur une narration axée sur les personnes. Un de ses projets, une série en dix parties sur les rites de passage intitulée <em>The First Kiss and other Rites of Passage</em>, utilise des expériences de vie partagées pour rapprocher les téléspectateurs des sujets.</p>
<p>Un autre de ses projets, <em>Finding Bobbi</em>, est un documentaire portant sur un acteur qui «a passé 50 ans dans le mauvais corps» et «retourne sur scène comme femme», selon l’affiche promotionnelle.</p>
<p>La productrice élisant domicile en Alberta décrit la plupart de ses projets comme relatant de forts parcours personnels. «Un projet doit vraiment trouver écho chez moi, avoue-t-elle. Les parcours personnels des gens me rejoignent, car ils nous aident à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.»</p>
<p>Elle ne travaille pas seule et compte sur une petite équipe. Aussi, son entreprise embauche ponctuellement des contractuels, au besoin, afin de maintenir ses frais généraux bas. «Mon modèle d’entreprise prône l’agilité. J’essaie de limiter mes frais généraux. J’ai un bureau et une équipe, mais je travaille aussi avec un groupe exceptionnel de contractuels», dit-elle.</p>
<p>Reel Girls Media existe depuis maintenant plus de 20 ans. Karvonen s’est vu remettre plus de 40 prix pour son travail et a tenu plus de 65 visionnages dans 12 pays.</p>
<figure id="attachment_12260" aria-describedby="caption-attachment-12260" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191017-IK-003.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12260" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191017-IK-003.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12260" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<h2>Être une femme sur le plateau</h2>
<p>La fondatrice de Reel Girls Media l’avoue: travailler comme femme dans l’industrie du cinéma et de la télévision n’a pas toujours été facile. Elle était parfois la seule femme sur le plateau de tournage.</p>
<p>Cependant, beaucoup a changé depuis que Karvonen a commencé dans l’industrie. Elle affirme que les femmes ont réalisé de grands progrès dans l’industrie. De plus en plus de femmes sont reconnues pour la qualité de leur travail derrière la caméra. Le Festival international du film de Toronto a annoncé que 36 pour cent des films présentés au festival cette année avaient été réalisés, coréalisés et créés par des femmes. Et, maintenant que de plus en plus de femmes remportent du succès dans l’industrie, Karnoven juge que le moment est venu pour elles de réclamer leur dû au même titre que leurs homologues masculins. Pour la documentariste, la parité salariale est une valeur fondamentale.</p>
<figure id="attachment_12266" aria-describedby="caption-attachment-12266" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-009-scaled-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12266" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-009-scaled-1.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12266" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<p>«Comme femme, j’ai aussi travaillé du côté syndical. J’ai vu des contrats et les hommes négocient des montants beaucoup plus avantageux que les femmes», dit-elle. Elle travaille fort pour veiller à ce que les femmes soient payées les mêmes taux que les hommes sur ses plateaux de tournage. «Je pense que nous avons ce préjugé lorsqu’il est question de rémunérer les gens […] et nous devons en être conscients. À travail égal, salaire égal, j’y crois profondément.»</p>
<p>Selon elle, dans l’ensemble, il suffit d’offrir aux femmes plus de possibilités en matière de rôles sur les plateaux.</p>
<h2>Mentorat au service de la génération montante</h2>
<p>Karvonen affirme que la partie de son travail dont elle est la plus fière est le travail qu’elle réalise avec des cinéastes de la génération montante. Elle croit fermement que redonner à la communauté tout en y investissant, est bénéfique pour la génération montante et pour soi-même. «Comme femme, je pense qu’il est important de bâtir des relations. Naturellement, des femmes voudront aider d’autres femmes. Il faut savoir prendre et donner. Ce n’est pas juste une question de travail», dit-elle.</p>
<figure id="attachment_12250" aria-describedby="caption-attachment-12250" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-019.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-12250 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-019.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12250" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<figure id="attachment_12254" aria-describedby="caption-attachment-12254" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-015.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12254" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-20191025-IK-015.jpg" alt="" width="2560" height="1707" /></a><figcaption id="caption-attachment-12254" class="wp-caption-text">Crédit photo: Ian Kucerak</figcaption></figure>
<p>Quand elle n’est pas sur un plateau de tournage, elle mentore des étudiants en sa qualité de professeure affiliée à des établissements d’enseignement postsecondaire en Alberta et à l’internationale depuis presque une décennie. Aussi, elle fait du bénévolat, le plus récemment comme présidente de Women in Film and Television Alberta (WIFTA), l’organisme sans but lucratif qui vient en aide à des femmes dans les industries des médias ainsi que du cinéma et de la télévision.</p>
<p>Par son entreprise, elle a embauché des femmes pour leur permettre d’acquérir une expérience essentielle et leur enseigner comment gérer une entreprise. C’est quelque chose dont elle aurait aimé pouvoir profiter comme jeune professionnelle. «Le mentorat et le partage des connaissances, c’est important. J’aurais aimé ça si quelqu’un m’avait parlé de planification de l’avenir il y a une vingtaine d’années», dit-elle.</p>
<p>La documentariste veut aider les femmes à connaître du succès dans l’industrie en partageant ses idées et son expertise sur les plateaux de tournage et hors de ceux-ci à des femmes et à d’autres cinéastes. «À mon avis, pour l’industrie, le mentorat figure parmi ce qu’il y a de plus important.»</p>
<p><em>Photos par Ian Kucerak</em></p>
<p>The post <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/ava-karvonen-guider-la-prochaine-generation-de-producteurs-en-tele-et-cinema/">Ava Karvonen: guider la prochaine génération de producteurs en télé et cinéma</a> appeared first on <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/">Fonds des médias du Canada</a>.</p>
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		<title>Buffalo Gal Pictures: un quart de siècle à la conquête d&#8217;histoires inspirantes</title>
		<link>https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/buffalo-gal-pictures-un-quart-de-siecle-a-la-conquete-dhistoires-inspirantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Monneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jul 2019 01:13:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-3-1-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-3-1-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p><strong>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre de femmes inspirantes, à l’occasion d’une série de contenus autour de l’entrepreneuriat au féminin dans les industries des écrans. Pour ce quatrième volet, FMC Veille est allé à la rencontre de Phyllis Laing qui, depuis 25 ans, est à la tête d’une des entreprises de production manitobaine les plus prolifiques, avec plus de 110 projets de cinéma et de télévision à son actif.</strong></p>
<p><a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/tag/serie-femmes-entrepreneures/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>&gt; Lisez nos autres portraits de femmes entrepreneures dans l’industrie des écrans</b></a></p>
<h2>La rencontre de l’art et de l’industrie</h2>
<p>L’arrivée de Phyllis Laing dans le monde du cinéma et de la télévision est une parfaite illustration de l’adage «Le cinéma est un art, mais il est aussi une industrie». Après des études en arts et littérature, elle met de côté ses aspirations à devenir auteure pour se diriger vers ce qu’elle qualifiait alors de «vrai métier» et décroche un diplôme de… comptable. Au milieu des années 80, elle fonde un cabinet avec son conjoint, au moment où l’industrie du cinéma du Manitoba en est à ses balbutiements. Tout était à faire en matière de comptabilité de production, et c’est tout naturellement qu’ils ont fait de l’industrie des arts et du divertissement leur spécialité. Et à force de côtoyer des entreprises de production, elle décide de lancer la sienne en novembre 1994.</p>
<p>«Pour moi, c’était le mariage parfait entre le milieu créatif et le milieu des affaires, et je suis très heureuse d’avoir su allier les deux, dit-elle. Mes études en comptabilité m’ont permis de naviguer dans toute cette industrie.»</p>
<figure id="attachment_11149" aria-describedby="caption-attachment-11149" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-2.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11149 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-2.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11149" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<figure id="attachment_11137" aria-describedby="caption-attachment-11137" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-9.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11137 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-9.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11137" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<h2>Un nom qui en dit long</h2>
<p>Se lancer en affaires dans une industrie naissante, en étant de surcroît une femme, prenait une bonne dose de détermination. Le nom de Buffalo Gal est donc apparu comme une évidence dans toute sa symbolique de conquête de l’ouest au féminin, tout en mettant de l’avant l’animal emblématique de la province.</p>
<p>Malgré cela, Phyllis Laing n’a pas échappé aux défis et préjugés qui viennent avec le statut de femme entrepreneure. Elle fait d’ailleurs remarquer que les hommes ne se font jamais solliciter pour témoigner sur leur vie «d’homme entrepreneur», car c’est un statut acquis. Comme beaucoup, elle a eu le sentiment de devoir en faire plus et de toujours devoir atteindre l’excellence pour être traitée avec équité, tout en reconnaissant que son authenticité et ses qualités relationnelles lui ont facilité la tâche.</p>
<blockquote><p>«Je suis toujours à la recherche de mentors. Ce n’est pas une question d’âge, mais une question de trouver des défis à sa hauteur.»</p></blockquote>
<h2>Nourrir l’entrepreneure en soi</h2>
<p>Parce que l’entrepreneuriat – au féminin ou non – est beaucoup mis de l’avant aujourd’hui, on oublie que beaucoup de femmes s’y intéressaient déjà dans les années 80, y compris dans le milieu artistique. Phyllis Laing est allée chercher du soutien dans le groupe <a href="https://www.womensenterprise.ca/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Women’s Enterprise Centre</a>, qui offrait des programmes de mentorat pour développer des plans d’affaires et des outils visant à bien démarrer une entreprise. Mais pour elle, le mentorat ne doit pas rester l’apanage d’une entreprise en démarrage. «Je suis toujours à la recherche de mentors, avoue-t-elle. Ce n’est pas une question d’âge, mais une question de trouver des défis à sa hauteur. On ne peut pas diriger et garder une entreprise telle qu’elle était il y a 25 ans.»</p>
<figure id="attachment_11143" aria-describedby="caption-attachment-11143" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-6.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11143 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-6.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11143" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<figure id="attachment_11145" aria-describedby="caption-attachment-11145" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-5.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11145 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-5.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11145" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<p>Toutefois, la clé du succès demeure d’abord et avant tout de prendre le temps de définir le type entreprise que l’on souhaite mettre sur pied et les services distinctifs que l’on veut offrir, et aussi de constamment se questionner afin de respecter sa vision, tout en restant authentique. C’est d’ailleurs le seul conseil qu’elle donnerait à un.e jeune entrepreneur.e, elle qui siège depuis plusieurs années au conseil d’administration du Centre de commerce mondial de Winnipeg. Elle reconnaît toutefois être très inspirée par la jeune génération d’entrepreneur.e.s pour qui le travail ne doit pas être seulement un moyen de subsistance, mais aussi et surtout contribuer à un accomplissement personnel.</p>
<h2>Savoir se distinguer, même à contre-courant</h2>
<p>Quand Phyllis Laing a fait l’exercice de définir son plan d’affaires lors de la création de Buffalo Gal, elle s’est orientée naturellement vers une société de production de niche, axée avant tout sur le talent créatif d’auteur.e.s et de réalisateur.trice.s. À une époque où la plupart des sociétés de production manitobaines écoutaient les sirènes de Los Angeles pour faire de la production de services, elle est demeurée convaincue qu’il fallait offrir quelque chose de différent. «La production de services est une manière facile de payer ses frais, surtout quand le taux de change est avantageux, dit-elle. Nous y avons eu recours aussi, mais nous sommes restés dans notre créneau initial le plus possible avec la production de projets indépendants.»</p>
<p>Elle admet d’ailleurs que l’un de ses seuls regrets en carrière est d’avoir, à quelques reprises, trop tenu compte de l’avis des autres plutôt que de se fier à son propre jugement.</p>
<figure id="attachment_11141" aria-describedby="caption-attachment-11141" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-7.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11141 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-7.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11141" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<figure id="attachment_11147" aria-describedby="caption-attachment-11147" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-4.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11147 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-4.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11147" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<figure id="attachment_11139" aria-describedby="caption-attachment-11139" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-8.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11139 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-8.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11139" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<p>Or, dans tout ce parcours, une constante subsiste: les projets dans lesquels Buffalo Gal s’implique reposent tous sur des relations humaines de qualité. Qu’il s’agisse de coproductions internationales d’envergure comme <em>Aloft</em> ou <em>Stone Angels</em>, ou encore de projets nationaux comme la série maintes fois primée <em>Less Than Kind</em> ou le film <em>The Forbidden Room</em>, du réalisateur manitobain Guy Maddin, tout est basé sur la complémentarité des partenaires, le respect et l’envie de travailler ensemble. C’est de cette façon que l’entreprise a pu se développer sur plus de deux décennies: en entretenant des relations d’affaires fortes et durables et, surtout, en recherchant constamment des alliés soucieux de la qualité du contenu et des équipes créatives.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="The Forbidden Room | Trailer | NYFF53" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/pwKvz-wA3I0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2>Le contenu: composante immuable d’une industrie en mouvance</h2>
<p>À l’instar de plusieurs producteurs et productrices, Phyllis Laing reconnaît que l’arrivée des plateformes numériques a totalement changé le visage de l’industrie et la manière de financer les projets. La demande pour du contenu explose. Il faut constamment rencontrer des partenaires potentiels, être en mesure de s’adapter et trouver de nouveaux modèles de financement très rapidement, surtout dans le domaine du documentaire.</p>
<p>«En documentaire – surtout ceux qui incluent des reconstitutions –, on doit constamment modifier le contenu pour l’adapter aux modèles de financement, souligne Laing. Or, ça devrait être exactement le contraire.»</p>
<p>Selon elle, les choses ont beaucoup changé au cours de la dernière décennie et cela va continuer, que ce soit au niveau de la diffusion, des outils de travail ou des technologies. Toutefois, il est clair que l’être humain conservera toujours un gros appétit pour le contenu et les bonnes histoires, et ce, dans toutes les formes artistiques.</p>
<p>Phyllis Laing cite à cet égard avec optimisme sa compatriote, l’auteure franco-manitobaine Gabrielle Roy, dont les mots ont été repris sur les billets de vingt dollars au début des années 2000:</p>
<blockquote><p>«Nous connaîtrions-nous seulement un peu nous-mêmes, sans les arts?»</p></blockquote>
<p>Pour la productrice, les gens vont toujours vouloir se voir et voir des histoires qui leur ressemblent. Le reste n’est que de la technique. Le reste n’est qu’accessoire.</p>
<figure id="attachment_11151" aria-describedby="caption-attachment-11151" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-1.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-11151" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-1.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11151" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<figure id="attachment_11135" aria-describedby="caption-attachment-11135" style="width: 1125px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-10.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11135 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/CMF-Wpg-10.jpg" alt="" width="1125" height="750" /></a><figcaption id="caption-attachment-11135" class="wp-caption-text">Crédit photo: Kristen Sawatzky</figcaption></figure>
<p>Photos par <a href="https://kristensawatzky.zenfolio.com/about.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Kristen Sawatzky</a></p>
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		<title>Tobo Studio: la gestion à hauteur de femmes</title>
		<link>https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/tobo-studio-la-gestion-a-hauteur-de-femmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Monneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Feb 2019 02:56:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://cmf-fmc.ca/now-next/articles/tobo-studio-la-gestion-a-hauteur-de-femmes/</guid>

					<description><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO01┬⌐SandraLarochelle-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre&#8230;</p>
<p>The post <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/tobo-studio-la-gestion-a-hauteur-de-femmes/">Tobo Studio: la gestion à hauteur de femmes</a> appeared first on <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/">Fonds des médias du Canada</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO01┬⌐SandraLarochelle-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p><strong>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre de femmes inspirantes, à l’occasion d’une série de contenus autour de l’entrepreneuriat au féminin dans les industries des écrans. </strong><strong>Pour ce troisième volet, FMC Veille est allé à la rencontre des trois femmes qui se partagent les fonctions de présidente-directrice générale au sein de Tobo Studio, une entreprise qui crée des jeux numériques et des expériences interactives multiplateformes pour enfants de tous âges. Un modèle de gestion unique développé par Judith Beauregard, Kathleen Farrell et Florence Roche.</strong></p>
<p><a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/tag/serie-femmes-entrepreneures/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>&gt; Lisez nos autres portraits de femmes entrepreneures dans l’industrie des écrans</b></a></p>
<h2>La passion des contenus jeunesse</h2>
<p>Entrer dans les locaux de Tobo Studio, c’est faire face à un mur… de prix et de récompenses. Nous en avons compté 30, et il semble que tout ne soit pas encore affiché. Pour une société qui n’a que sept années d’existence, c’est tout un exploit. Il faut dire que, depuis sa création, Tobo Studio a développé une centaine de projets destinés aux enfants et aux familles – créneaux de prédilection de l’entreprise. Cette orientation est au cœur de l’alliance des trois « co-PDG » et, très certainement, de leur succès.</p>
<figure id="attachment_10150" aria-describedby="caption-attachment-10150" style="width: 1500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10150" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO07┬⌐SandraLarochelle-e1549571115508.jpg" alt="" width="1500" height="982" /><figcaption id="caption-attachment-10150" class="wp-caption-text">Kathleen Farrell et Florence Roche, Tobo Studio</figcaption></figure>
<figure id="attachment_10158" aria-describedby="caption-attachment-10158" style="width: 1500px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10158 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO06┬⌐SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /><figcaption id="caption-attachment-10158" class="wp-caption-text">Judith Beauregard, Tobo Studio</figcaption></figure>
<p>En effet, si leurs carrières respectives ont commencé dans le domaine technologique et numérique, le public jeunesse est devenu une évidence quand elles sont devenues mères. Elles se qualifient d’ailleurs elles-mêmes de « numèriques ». Pour Judith Beauregard, « la production jeunesse, c’est ce qui a du sens pour nous et c’est important de travailler sur des choses qui ont du sens. » D’ajouter Kathleen Farrell : « Et cela nous permet de toucher à des choses intelligentes et belles. » « Sans parler du plaisir de travailler dans un secteur plutôt sain, où les gens ont de bonnes valeurs », conclut Florence Roche.</p>
<p>C’est donc cette quête de sens et de valeurs qui leur a donné l’élan nécessaire pour que la division jeunesse qu’elles avaient développée ensemble au sein du studio de jeux vidéo ODD1 vole de ses propres ailes. Une aventure entrepreneuriale qu’elles ne conçoivent qu’à trois têtes.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-10156" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO02┬⌐SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<h2>Diviser pour mieux gérer</h2>
<p>Bien que Kathleen Farrell et Florence Roche soient toutes les deux titulaires d’un MBA et que Judith Beauregard ait plus ou moins mis l’entrepreneuriat sur sa liste de « choses à faire un jour », créer leur propre entreprise n’était pas un plan de carrière. Cependant, quand ODD1 a voulu se départir de son secteur jeunesse, elles ont vu le potentiel de développement des projets sur lesquels elles travaillaient et les ont rapatriés au sein de Toboggan, le nom initial de Tobo Studio.</p>
<p>« Nous n’aurions certainement pas démarré ce projet individuellement, mais le fait d’être trois nous a donné l’élan nécessaire et ça a tout changé. », explique Florence Roche. « Nous sommes trois personnalités juste assez semblables, mais juste assez différentes pour que cela fonctionne », ajoute immédiatement Judith Beauregard.</p>
<p>Elles tiennent toutefois à souligner le rôle essentiel de leurs anciens employeurs de Tribal Nova. En effet, ces derniers les ont accompagnées dans la création de l’entreprise, à la fois en leur apportant un soutien financier et en leur prodiguant des conseils stratégiques pour les aider à gérer tous les aspects légaux et administratifs liés au démarrage de la structure.</p>
<blockquote><p>« Nous n’aurions certainement pas démarré ce projet individuellement, mais le fait d’être trois nous a donné l’élan nécessaire et ça a tout changé. »</p></blockquote>
<p>Le mode de gestion relève donc du rôle de « présidente-directrice générale », lequel a été défini naturellement en fonction de l’expérience passée et des forces de chacune. Florence Roche et Judith Beauregard sont productrices exécutives et se concentrent sur l’externe : ainsi, elles s’occupent du développement et du financement des projets et assurent le démarchage ainsi que le développement des affaires au Canada et à l’international. Pour sa part, Kathleen Farrell est tournée vers l’interne et met ses capacités d’optimisation de processus et de gestion d’équipe au service du studio, de la production et des ressources humaines. « Beaucoup d’entrepreneurs ne comprennent pas comment ça marche à trois; pour moi, c’est le contraire. Je ne pourrais pas fonctionner autrement. J’ai même envie de leur dire “Mais comment faites-vous seuls?” », ajoute-t-elle. Elle n’hésite pas à conclure que cette façon de gérer est un des critères qui rend Tobo Studio si unique.</p>
<figure id="attachment_10166" aria-describedby="caption-attachment-10166" style="width: 1500px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10166 size-full" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO09┬⌐SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /><figcaption id="caption-attachment-10166" class="wp-caption-text">Kathleen Farrell, Tobo Studio</figcaption></figure>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-10170" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO04┬⌐SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<p>La visite du studio tend à le confirmer. Nous sommes dans un mode de gestion bienveillant qui se ressent dans la culture de l’entreprise. La conciliation « travail-famille » est une évidence même: horaires flexibles, possibilité de télétravail, travail à temps partiel, tout est fait pour que les employés se sentent respectés. Mais au-delà de ces aménagements, il y a surtout la responsabilisation des emloyé.e.s et une aversion réelle pour la microgestion. « Nous nous sommes beaucoup inspirées de la méthode du « design thinking » quand nous avons démarré, explique Florence Roche. « Ce mode de travail itératif permet de faire participer tout le monde à différentes étapes et de responsabiliser tout un chacun. » Il en résulte un taux de roulement plutôt faible dans une industrie où la concurrence salariale est bien réelle.</p>
<blockquote><p>« Beaucoup d’entrepreneurs ne comprennent pas comment ça marche à trois; pour moi, c’est le contraire. Je ne pourrais pas fonctionner autrement. »</p></blockquote>
<p>Mais, ce qui se ressent surtout, c’est la passion authentique pour les projets dans lesquels Tobo est actif, la trentaine d’employés que compte le studio produisant entre 15 et 20 projets simultanément. « Des contenus qui nous allument, que ce soit ceux que nous produisons en service ou nos propres projets que nous commençons à développer. », explique Florence Roche.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-10164" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO03┬⌐SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<h2>Voir grand tout en restant soi-même</h2>
<p>En effet, si le cœur de l’activité de Tobo demeure la production de services, l’entreprise travaille sur deux autres fronts: le service-conseil et les projets originaux. Créé en 2015, le Tobo Lab offre aux entreprises qui le souhaitent un accompagnement personnalisé sur les tendances, les usages et les outils et – surtout – l’accompagnement en gestion de communautés et de médias sociaux pour la production numérique dans le secteur jeunesse. « Aujourd’hui, les plans de découvrabilité sont devenus une composante importante de la production. Nous savons depuis longtemps ce que c’est », explique Kathleen Farrell.</p>
<p>« Parce qu’une énorme concurrence règne dans le monde de la production de jeux pour enfants et elle est mondiale. Nous savons développer des stratégies solides pour nous démarquer et c’est une expertise que nous avons décidé de monétiser », précise Judith Beauregard. Ce travail est aussi le fruit d’une activité de veille permanente, au niveau tant des contenus que de la technologie, que se partagent les deux productrices exécutives et dont on peut suivre les résultats en continu sur le « Tobo-Blogue ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-10174" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO05┬⌐SandraLarochelle-1.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<p>Cette veille, jumelée à la participation à de nombreux marchés dans le monde, leur permet aussi d’anticiper des enjeux que d’autres ne voient pas venir. C’est ainsi qu’est né Smala, un des projets originaux développés par Tobo. Il s’agit d’une application qui permet de connecter de façon ludique les membres d’une même famille, de toutes générations, dans un contexte sécuritaire qui respecte la vie privée – contrairement à la plupart des plateformes sociales existantes.</p>
<p>Tobo ne voit pas son avenir sous le signe de la croissance à tout prix, mais sous le signe de la diversification, que ce soit au niveau des contenus – on pense notamment à des partenariats avec la <a href="http://tobostudio.com/fr/la-maison-theatre" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Maison Théâtre</a> ou la Philarmonie de Paris – ou au niveau géographique (40% du chiffre d’affaires se fait actuellement à l’international). « Nous travaillons sur un horizon de trois ans… en sachant très bien que la troisième année sera volatile. C’est le propre de l’univers numérique où tout change très vite », constate Kathleen Farrell.</p>
<p>En tout état de cause, cet horizon aura toujours dans sa mire avant tout la qualité de ces projets « qui ont du sens » et qui font que Judith, Kathleen et Florence avouent se coucher chaque soir en se disant « mission accomplie ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-10176" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/TOBO10┬⌐SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1224" /></p>
<p>Photos par <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></p>
<p>The post <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/tobo-studio-la-gestion-a-hauteur-de-femmes/">Tobo Studio: la gestion à hauteur de femmes</a> appeared first on <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/">Fonds des médias du Canada</a>.</p>
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		<title>Josette Normandeau: d&#8217;intrapreneure à entrepreneure</title>
		<link>https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/josette-normandeau-dintrapreneure-a-entrepreneure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Monneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Dec 2018 23:58:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau07-e1544208465299-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre&#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau07-e1544208465299-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p><strong>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre de femmes inspirantes, à l’occasion d’une série de contenus autour de l’entrepreneuriat au féminin dans les industries des écrans. Le second volet de cette série nous amène à la rencontre de Josette Normandeau, l’énergique femme d’affaires à la tête d’Idéacom International, société de production de documentaires et de projets multiplateformes maintes fois primés.</strong></p>
<p><a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/tag/serie-femmes-entrepreneures/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>&gt; Lisez nos autres portraits de femmes entrepreneures dans l’industrie des écrans</b></a></p>
<p>Née dans une famille d’artistes – ses parents étaient musiciens professionnels –, Josette Normandeau a grandi dans un environnement où se réaliser était le fondement de l’éducation; une base solide pour celle qui se définit comme « <strong>une hyperactive qui aime faire avancer les choses</strong> ». Elle le fait d’ailleurs dès le début de sa carrière où, alors réceptionniste à la radio CKCV de Québec, elle demande – et obtient – un poste de journaliste à la salle de nouvelles, devenant la première femme de la station à occuper ces fonctions. Et quand on lui a proposé un salaire inférieur à celui de ses collègues masculins au motif « qu’elle était une fille », elle a simplement répondu que ce statut ne lui donnait de rabais dans aucun commerce; et tout débat sur l’iniquité salariale était clos.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9572 alignleft" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau02_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="317" height="488" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9576 alignright" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau03_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="326" height="486" /></p>
<p>Un séjour de huit ans à Boston la fait plonger dans le monde des affaires au sein de la société « New England Audio », qui conçoit des systèmes audiovisuels domestiques avant-gardistes et dont elle dirigera la division multimédia. Elle y découvrira le potentiel de la technologie, un intérêt qui ne la quittera plus et qui lui fera transformer l’agence de communications montréalaise Idéacom. Elle en prend les rênes en 2000, cinq ans après y être entrée comme responsable du développement international.</p>
<h2>L’international comme seconde nature</h2>
<p>Parce qu’elle est passionnée et stimulée par les différences culturelles, Josette Normandeau était déterminée à positionner Idéacom sur le marché mondial. Elle le fait tout d’abord via la distribution, et sa présence assidue dans tous les marchés lui permet de se bâtir un solide réseau et d’établir la crédibilité de l’entreprise. C’est donc tout naturellement que les coproductions internationales deviennent le modèle d’affaires de 95% des projets d’Idéacom.</p>
<blockquote><p>« Dans le marché mondial du documentaire, le Québec jouit d’une position unique. Nous sommes bilingues, nous vivons facilement entre l’Europe et l’Amérique et les diffuseurs étrangers ont compris notre capacité à connaître les subtilités de la culture anglophone et francophone ».</p></blockquote>
<p>Elle accorde en effet autant d’importance à cultiver des relations d’affaires avec les diffuseurs – BBC, Channel 4, France télévision, National Geographics pour ne citer que ceux-là – qu’avec les coproducteurs. D’autant plus qu’au cours de la dernière décennie, les montages financiers en documentaire se sont complexifiés, avec plusieurs diffuseurs rattachés au même projet. Livrer un contenu adapté à la ligne éditoriale de chacun, sans dénaturer la qualité, est un réel défi que des relations entretenues de longue date permettent de surmonter.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-9570" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau01_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="686" height="661" /></p>
<p>« Aujourd’hui, on parle beaucoup d’export. Mais exporter, dans notre industrie, ce n’est pas envoyer un <em>container </em>de temps en temps, c’est avoir une véritable stratégie à l’exportation. Celle d’Idéacom est fondée sur des partenariats et surtout sur une capacité à identifier les bons partenaires; et c’est plus en amont qu’au niveau du produit fini que cela se fait »<em>.</em></p>
<p>Aussi, plutôt que d’export, elle préfère parler de développement international et admet que dans le milieu culturel, ce n’est pas encore bien compris. C’est un travail qui demande de la persévérance, un intérêt pour les relations diplomatiques et une excellente capacité à comprendre le contexte de l’autre. Ceci est d’autant plus important lorsque l’on produit des projets haut de gamme au déploiement multiplateforme qui impliquent nécessairement de nombreux intervenants.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-9583" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau06_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="691" height="457" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9589" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau09_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1142" /></p>
<h2>Femme d’innovation et de vision</h2>
<p>L’intérêt pour le multiplateforme est arrivé très vite dans son parcours: dès sa première collaboration avec Idéacom, elle convainc d’ajouter à la production d’une série sur les affaires internationales un site Internet bilingue de 20 000 pages sur ce sujet, site qui deviendra une référence pour tous les étudiants de MBA du pays. Idéacom entre ainsi au XXIe siècle avant tout le monde et fait de la convergence télé-web son modèle de prédilection.</p>
<p>Elle reconnaît que cette capacité d’anticipation a un lien avec… sa maitrise des arts martiaux !  – elle est ceinture noire de karaté et d’aïkido – et elle n’hésite pas à s’y référer quand on lui demande quelle chef d’entreprise elle est.</p>
<blockquote><p>« La pratique des arts martiaux vous apprend à toujours anticiper; il faut un plan A, un plan B…pour ne pas se retrouver pris dans un coin.  Elle vous apprend aussi à voir sur le long terme et persévérer; tout cela c’est essentiel dans une entreprise ».</p></blockquote>
<p>Aussi, lorsqu’en 2009 la convergence télévision/médias numériques devient le modèle de financement du Fonds des Médias du Canada, elle voit les opportunités là où beaucoup de producteurs, même parmi les plus jeunes, ne voient que des menaces. Et dès l’année suivante, elle crée Zénith ABC, la filiale d’Idéacom au cœur du développement numérique, à laquelle on doit notamment <a href="http://ideacom.tv/portfolio-items/apocalypse-10-destins-volet-pedagogique/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Apocalypse: 10 destins</a> et  <a href="http://ideacom.tv/portfolio-items/apocalypse-lexperience-second-ecran/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Apocalypse, l'expérience second écran</a>, déclinaisons Web de la <a href="https://education.francetv.fr/matiere/epoque-contemporaine/premiere/serie/apocalypse-la-premiere-guerre-mondiale" target="_blank" rel="noopener noreferrer">série</a> du même titre qui a aussi été déployée en <a href="https://apocalypseofficiel.com/transmedia/roman-graphique/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">roman graphique</a>, en application de réalité virtuelle et en <a href="https://apocalypseofficiel.com/transmedia/10-destins-exposition/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">exposition itinérante</a> en France.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9581" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau05_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<p>Produire des contenus transmédia historiques ou scientifiques nécessite d’être continuellement en apprentissage.  <em>« </em><strong>Il faut beaucoup lire; pas seulement sur l’évolution de la télévision, mais sur toutes les avancées technologiques, l’intelligence artificielle, la robotique. Le métier de producteur exige d’être bien informé et de beaucoup questionner pour prendre les bonnes décisions</strong><em> »</em>. C’est aussi ce qui l’a conduite début 2018 à accepter de siéger au Conseil d’administration de son Alma mater, l’Université de Sherbrooke, afin de bâtir des ponts avec le monde de l’éducation et de la recherche.</p>
<p>Le défi est aussi d’arrimer ces connaissances techniques aux contenus, et c’est là où un autre apprentissage entre en jeu: celui des nouvelles écritures, inévitable conséquence de la collaboration entre des équipes qui ont chacune leur perspective sur le projet. <em>«</em><strong> Travailler avec des technologies pas encore éprouvées, c’est naviguer à l’aveugle sur les étapes de production, les délais de livraison. C’est là où la fibre entrepreneuriale doit être forte, car la différence entre un entrepreneur et un producteur c’est le goût du risque. </strong><em>»</em></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9587" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau08_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1500" /></p>
<p>Une autre différence fondamentale est la capacité d’adaptation aux changements. Elle a su voir, dès l’apparition de l’Apple TV, que les contenus n’allaient plus être regardés de la même façon et que l’industrie allait connaître de grands bouleversements. Pour y faire face, elle considère que ce sont encore et toujours les partenariats stratégiques réunissant des forces complémentaires qui font la différence. C’est la raison pour laquelle elle a signé en octobre 2017 un partenariat avec Cineflix Média qui, via ses bureaux à Londres, Toronto, New York et Dublin, renforce la position internationale d’Idéacom.</p>
<p>Et quand on lui demande si le fait d’être une femme a rendu son parcours plus difficile, elle fait le constat qu’elle ne s’est jamais sentie en position d’infériorité. <em>«</em><strong> La seule différence que je veux mettre de l’avant, c’est justement ma volonté de FAIRE une différence. Si ce que produit Idéacom peut changer la perception du public sur la guerre, sur la science… j’aurai réussi </strong><em>».</em></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9579" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau04_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-9591" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/JosetteNormandeau10_┬®SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1099" /></p>
<p>Photos par <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></p>
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		<title>Marie-Claude Beauchamp: la production jeunesse à l’échelle internationale</title>
		<link>https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/marie-claude-beauchamp-la-production-jeunesse-a-lechelle-internationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Monneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Oct 2018 18:08:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp07@SandraLarochelle-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre&#8230;</p>
<p>The post <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/articles/marie-claude-beauchamp-la-production-jeunesse-a-lechelle-internationale/">Marie-Claude Beauchamp: la production jeunesse à l’échelle internationale</a> appeared first on <a href="https://cmf-fmc.ca/fr/">Fonds des médias du Canada</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<img width="569" height="320" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp07@SandraLarochelle-569x320.jpg" class="webfeedsFeaturedVisual wp-post-image" alt="" style="display: block; margin-bottom: 5px; clear:both;max-width: 100%;" link_thumbnail="" decoding="async" loading="lazy" /><p><strong>En collaboration avec Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques (FCTMN), FMC Veille part à la rencontre de femmes inspirantes, à l’occasion d’une série de contenus autour de l’entrepreneuriat au féminin dans les industries des écrans. Nous amorçons ce nouveau volet avec le portrait de la société de production d’animation montréalaise CarpeDiem Film &amp; TV, fondée il y a quatorze ans par Marie-Claude Beauchamp. Compte-rendu d’une discussion sous le signe de l’ambition, du rayonnement des marques à l’international et des défis du financement.</strong></p>
<p><a href="https://cmf-fmc.ca/fr/futur-et-medias/tag/serie-femmes-entrepreneures/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>&gt; Lisez nos autres portraits de femmes entrepreneures dans l’industrie des écrans</b></a></p>
<h2>Les débuts: « cueillir le jour » en s’appuyant sur les acquis du passé</h2>
<p>De son propre aveu, Marie-Claude Beauchamp a toujours eu la fibre entrepreneuriale. Même si son parcours en théâtre, en chant et en danse la destinait plutôt à être devant le public, c’est en arrière-scène qu’elle prend ses marques en fondant sa propre compagnie de théâtre à l’âge de 17 ans. Intuitive, elle comprend que le milieu du cinéma et de la télévision a du potentiel et commence à travailler pour la société Multimedia Group, où elle apprend les rouages de la distribution. Forte de cet acquis, elle fonde alors sa première société, Média Max, qui offre des services d’import-export de contenus audiovisuels et, surtout, de <em>packaging</em> de coproductions internationales.</p>
<p>« À cette époque, le gouvernement canadien était engagé dans la signature de nombreux traités de coproduction, et il y avait clairement une opportunité de développement d’affaires à saisir afin d’“activer” ces ententes. »</p>
<p>Elle rejoindra ensuite les rangs de Prisma, puis de CineGroupe, où, à titre de vice-présidente, elle développe son expertise en production animation et jeunesse. Alors qu’on la sollicite par la suite pour développer différents plans d’affaires pour différentes entreprises, elle préfère développer le sien. Avec un carnet d’adresses international en poche et une solide connaissance de la production et du financement de projets destinés à de jeunes publics, l’aventure de CarpeDiem Film &amp; TV peut commencer.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8908" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp06@SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8906" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp04@SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<h2>Au cœur du modèle d’affaires: le développement de marques de portée internationale</h2>
<p>La vision derrière CarpeDiem Film &amp; TV est claire: puisque la production jeunesse et famille – et particulièrement la production d’animation – représente à la fois des défis de financement et des opportunités de séduire des publics partout dans le monde, la dimension internationale est au cœur du modèle d’affaires, que ce soit par la coproduction – qui doit demeurer une nécessité au projet – ou par le financement. Et pour se démarquer dans un secteur compétitif dominé par les géants américains, il faut développer des marques solides et authentiques, basées sur des propriétés intellectuelles offrant une valeur ajoutée et se tenir continuellement à l’affut des opportunités du marché.</p>
<p>« Pour sortir des marchés québécois et canadien, il faut se connecter en permanence sur ce qui se fait ailleurs. Pour cela, il faut être présent dans les marchés, tant en cinéma qu’en télévision, lire de multiples sources d’intelligence d’affaires et tisser des alliances avec des entreprises qui fonctionnent de façon similaire à la sienne. »</p>
<p>Aussi, chaque production est désormais conçue comme une entreprise qui doit pouvoir se décliner en plusieurs marques distinctives. La genèse du projet <em>La Guerre des Tuques 3D</em> en est un excellent exemple. Réaliser une version animée d’un film culte québécois était un pari risqué: il fallait à la fois retrouver les fans de la première heure, séduire une nouvelle génération et produire un film de calibre international. Pour atteindre ce triple objectif, CarpeDiem Film &amp; TV a travaillé sur plusieurs fronts.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8911" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp09@SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1109" /></p>
<p>Si des concours et visites de studio ont permis aux nostalgiques de participer au processus créatif et ainsi s’approprier le visuel du film, c’est la stratégie de recherche de commandites qui a permis d’atteindre un nouveau public. Parmi les principales collaborations, citons le partenariat avec la société Natrel, qui permet la vente de 7 millions de cartons de lait présentant les personnages de <em>La Guerre des Tuques</em> dans toute la province du Québec, ainsi que la mise en marché de tuques par la société Kombi. La commandite devient ainsi le levier financier nécessaire au déploiement de marques de proximité, notamment « La tournée des Tuques », soit six fins de semaine dans huit villes du Québec, où 35 000 enfants renouent avec les plaisirs de jouer dehors en hiver.</p>
<p>Enfin, la stratégie entourant la conception de la trame sonore, avec des artistes québécois reconnus, s’est avérée un facteur de succès non seulement sur le plan local, mais aussi – et surtout – à l’échelle internationale. La formation Simple Plan a été choisie pour la version anglaise dans l’optique de séduire le marché asiatique, où le groupe jouit d’une grande notoriété. La sortie du long métrage sur 4 000 écrans et les 149 millions de vues du film sur la plateforme chinoise Youku sont là pour en témoigner.</p>
<p>« Nous savions dès le départ que le projet ne se résumerait pas à un long métrage d’animation et avons acquis les droits en conséquence. La suite nous a donné raison. »</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-8918" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp10@SandraLarochelle.jpg" alt="" width="508" height="762" /></p>
<p>En effet, la marque « La Guerre des Tuques » a rapidement été déclinée en une comarque, « <a href="https://www.vuesurlecanada.ca/television/details/mini-tuques-snowsnaps" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Les mini-tuques</a> », une série télévisée destinée aux plus jeunes. La musique joue aussi un rôle majeur dans ce projet, et CarpeDiem Film &amp; TV a développé un partenariat avec Musicor pour que le groupe les Cool Kids, formé de jeunes chanteurs âgés de 13 à 16 ans, parte en tournée partout au Canada pendant l’été 2018, soit avant la sortie de son album. Et le déploiement <a href="http://www.lienmultimedia.com/spip.php?article65690" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sera suivi d’un second long métrage</a>, <em>La course des tuques</em>.</p>
<p>Par ailleurs, si la concentration de différentes marques au sein de l’entreprise s’avère un atout pour la mise en valeur des contenus, le nerf de la guerre demeure le financement. Ainsi, pour maximiser les occasions de prévente, Marie-Claude Beauchamp fonde au printemps 2018 une nouvelle société de distribution, <a href="https://www.pinkparrotmedia.ca/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Pink Parrot Media</a>, laquelle est sise en Espagne et agit désormais comme agent de vente pour les projets de CarpeDiem Film &amp; TV et ceux d’autres producteurs, notamment de la société française <a href="http://favolafilms.com/category/team/?lang=fr" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Favola Films</a>.</p>
<h2>Le côté féminin de la force</h2>
<p>Le manque de reconnaissance des femmes entrepreneures, que nous avions déjà évoqué dans un article sur les femmes dans les médias et les technologies, n’est pas un concept étranger à Marie-Claude Beauchamp. Ce qui lui a manqué tout au long de son parcours, c’est la crédibilité financière non seulement parce qu’elle est une femme, mais aussi parce que les institutions financières ne sont pas toujours à l’aise de négocier avec le milieu artistique, où chaque projet est vu comme un prototype. D’ailleurs, elle travaille activement à faire bouger les choses pour que le financement institutionnel s’adapte notamment au sein de l’<a href="http://alliancequebecanimation.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Alliance Québec Animation</a> dont elle est présidente.</p>
<p>Les différences culturelles sont aussi un enjeu pour une entrepreneure: « Développer le marché asiatique est un travail de longue haleine, mais pour une femme, c’est vraiment un très grand défi. » Cependant, elle est persuadée qu’être une femme l’a aidée dans son parcours: « Je pense que nous sommes plus intuitives et avons un sens aiguisé du multitâche, qui est le propre de ce métier. Pour le reste, il faut, comme tout entrepreneur, croire en sa vision et avoir une idée précise de ce qu’on veut. »</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8916" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp03@SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1000" /></p>
<p>La route serait-elle alors plus facile pour les femmes? « Elle est plus difficile, ce qui nous rend plus battantes et déterminées. » Son métier l’amène à côtoyer beaucoup de femmes qui sont à la tête des programmes jeunesse et famille des télédiffuseurs, mais demeurent sous-représentées dans certains métiers. « Cela rend les mesures paritaires difficiles à respecter pour le moment. Par exemple, il y a encore trop peu de femmes réalisatrices de séries d’animation dans le marché pour répondre aux critères et c’est un réel défi pour les producteurs. »</p>
<p>Elle reconnaît être ambitieuse et vouloir pousser sa petite équipe de dix personnes à se dépasser tout autant, et ce, afin que tous les projets sur la table de CarpeDiem Film &amp; TV rayonnent partout dans le monde. C’est certainement cette détermination qui lui vaut d’être finaliste pour le <a href="https://rfaq.ca/prix/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">prix Femmes d’affaires du Québec</a> cette année.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8914" src="https://cmf-fmc.ca/wp-content/uploads/2021/01/mcbeauchamp01@SandraLarochelle.jpg" alt="" width="1500" height="1099" /></p>
<p>Photos par <a href="https://www.sandralarochelle.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Sandra Larochelle</a></p>
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