La température monte pour la saison 2 de «Heated Rivalry»

Le tournage de la deuxième saison de Heated Rivalry est en cours. Le producteur Brendan Brady nous explique comment son équipe et lui composent avec la pression de donner une suite à une série qui connaît autant de succès.

Photo By Ben Welland
Brendan Brady, Hudson Williams, Sophie Nélisse et Jacob Tierney. Crédit photo : Ben Welland

Quelle différence en un an!

En novembre 2025, le producteur Brendan Brady et le créateur Jacob Tierney lançaient Heated Rivalry (Rivalité passionnée), une série en six épisodes sur Crave, sans savoir si cette romance torride entre deux hommes queers dans le monde du hockey trouverait écho auprès du public.

Ils savaient qu’ils avaient réalisé une série fidèle à leur vision et à l’œuvre originale, le roman écrit par Rachel Reid.

Ils savaient aussi que leurs deux acteurs principaux, encore relativement peu connus, Connor Storrie et Hudson Williams, livraient des performances remarquables dans les rôles d’Ilya et de Shane, incarnant avec tendresse et sensualité deux hommes épris l’un de l’autre.

Enfin, ils savaient qu’ils marqueraient le monde de la diffusion en continu, que la série soit un succès ou un flop.

Un an plus tard, on connaît la suite.

Heated Rivalry n’a pas seulement connu un grand succès, elle a dépassé toutes les attentes. Elle est devenue la série originale la plus regardée sur Crave. Chaque épisode a attiré en moyenne 10,6 millions de téléspectateurs sur HBO Max. Partout dans le monde, les fans ont regardé les épisodes encore et encore : sur Crave, environ 33% des téléspectateurs ont revu des épisodes, et quelque 15 % en ont regardé au moins un plus de cinq fois.

La deuxième saison attendue au printemps

Le tournage de la saison 2 est en cours, et sa sortie est prévue au printemps 2027.

Les attentes sont extrêmement élevées pour cette deuxième saison, alors que les fans attendent de voir comment Ilya et Shane composeront avec leur relation clandestine dans l’univers impitoyable du hockey professionnel.

Nous avons rencontré Brendan Brady au sommet Access Canada à Toronto en septembre dernier. Le producteur, qui est aussi PDG d’Accent Aigu Entertainment, la société de production derrière Heated Rivalry, nous a parlé de ce que nous réserve cette suite.

« On n’a pas trop eu le temps de réfléchir aux attentes élevées », explique Brady, ajoutant que l’équipe est passée directement de la « folle aventure » de la première saison au développement de la deuxième. « Dès le départ, Jacob a dit : “Je ne peux faire qu’une série que j’ai envie de regarder”, alors on essaie simplement de rester fidèles à cette vision. »

La deuxième saison s’inspire de The Long Game, le sixième tome de la série Game Changers, de Rachel Reid. L’histoire reprend 10 ans après les événements du deuxième livre de la série, Heated Rivalry. Ilya et Shane sont toujours ensemble, mais leur relation demeure secrète. Ilya, aux prises avec des problèmes de santé mentale, souhaite que leur couple fasse son coming out, mais Shane hésite, craignant de mettre leur carrière en péril.

Lors de BookCon 2026, à New York, Jacob Tierney a participé à une discussion avec Rachel Reid sur l’adaptation de son œuvre. Il a raconté que la deuxième saison met en scène les deux hommes dans une relation plus sérieuse, mais aussi plus complexe.

« C’est vraiment différent, a-t-il expliqué. Du point de vue de l’adaptation, le défi, c’est qu’on entre dans un univers beaucoup plus sérieux. Il y a encore beaucoup de flirt et de sexualité, mais il y a aussi cette impression de danger. Les scènes de sexe un peu adolescentes dans les chambres d’hôtel ont en grande partie disparu. »

Poursuivre sur la lancée de la première saison

Si les enjeux sont plus importants tant pour les personnages de la série que pour ses créateurs, Brendan Brady croit qu’il est essentiel que l’équipe de production ne change pas sa façon de travailler.

« On sent bien que tous les regards sont braqués vers nous, mais on essaie vraiment de préserver l’expérience que tout le monde a vécue pendant la première saison. Un bon exemple : hier soir, on tournait à l’extérieur de la ville, et on a organisé un barbecue. C’est exactement l’ambiance qui régnait pendant la première saison. Une atmosphère vraiment agréable, avec un petit côté camp d’été. On essaie simplement de s’accrocher à ça. »

Ce sentiment de camaraderie est essentiel pour Brady, mais il souligne qu’en tant que producteur, il doit aussi s'assurer que l'équipe soit efficace.

« Dans notre milieu, on entend souvent dire qu'on forme une famille. Je rejette vraiment cette idée. Je pense qu’il faut voir les choses comme une équipe sportive. Dans une équipe, on peut remplacer des joueurs. Si quelqu’un n’est pas le bon joueur pour l’équipe, ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise personne ou qu’on ne l’aime pas. C’est plutôt que cette personne ne joue pas avec nous de la façon dont nous avons besoin de jouer. Il y avait des gens qui n’avaient pas leur place dans l’équipe, et nous avons fait des ajustements. »

Avec le succès de Heated Rivalry, d’autres producteurs pourraient se tourner vers Brady pour obtenir des conseils. À la fin de sa table ronde, celui qui travaille dans l’industrie depuis 15 ans accepte volontiers de partager une anecdote.

« L’un des meilleurs conseils qu’on m’ait donnés, c’est : “Attends que Los Angeles t’appelle”, raconte-t-il. Je pense que beaucoup de gens veulent quitter le pays quand ils sont jeunes parce qu’ils croient que le système [canadien] a ses limites. Je me souviens d’un producteur qui m’avait dit d’attendre que Los Angeles m’appelle, parce qu’ici, j’avais tout ce qu’il fallait pour réussir. Le plus ironique, c’est que j’ai reçu beaucoup d’appels au cours de la dernière année et que je viens d’acheter une maison à Toronto. Je ne compte pas déménager : j’aime vivre ici. »


Ingrid Randoja
Journaliste indépendante, Ingrid Randoja est l'ancienne responsable éditoriale de la section Film du magazine NOW de Toronto, l'ancienne rédactrice en chef adjointe du magazine Cineplex et l'une des membres fondateurs de la Toronto Film Critics Association.
Tous les articles de l’auteur