Le cinéma à la verticale selon Adam Paradis
Adam Paradis – Adam Paradisio sur YouTube, TikTok et Instagram – scénarise, réalise, monte et tient la vedette de courts métrages verticaux destinés aux réseaux sociaux… et en vit très bien à 20 ans.

Adam Paradis a filmé ses premières vidéos à l’âge de 10 ans avec la caméra de son père. Comme tous ses amis à Québec, il rêvait de devenir youtubeur.
« Je suis né dans les années 2000; j’ai grandi avec YouTube, beaucoup plus qu'avec des médias comme la télé », souligne le créateur de contenu né en 2005.
À la différence de ses amis, Adam a créé sa chaîne et a décidé de faire de l’assiduité sa marque de commerce. Il maintient encore à ce jour le rythme de production d’un court métrage d’environ 10 à 20 minutes tous les deux mois, en plus de publier régulièrement de courts clips d’environ 2 minutes sur TikTok et sur YouTube.
Véritable homme-orchestre, il écrit ses films, les filme lui-même, joue les personnages principaux, en plus de souvent s’occuper du montage.
Sensibiliser et rayonner
Dans ses courts métrages de fiction, Adam Paradis n’hésite pas à emprunter les codes dramatiques des fictions en abordant avec sérieux (et fantaisie) des sujets sociaux tels que l'intimidation, l’itinérance, la guerre et l’environnement. Au dernier Gala Influence Création, il a remporté le prix Vidéo de l’année (long format) pour Le soldat, un film de 37 minutes qui propose une réflexion sur la cruauté et l'absurdité de la guerre, en plus du prix Rayonnement international francophone.
Adam Paradis s’approche des deux millions d’abonnés sur YouTube et dépasse les 680 000 abonnés sur Instagram. Sur TikTok, 3,7 millions de curieux le suivent. Les affaires du créateur de contenu vont si bien qu’il a lancé en juin une seconde chaîne YouTube, nommée simplement « Paradisio », sur laquelle il diffuse ses plus audacieux courts métrages.
« Je n’utilise pas le contexte des réseaux sociaux pour faire de moins bons films, insiste le jeune réalisateur. J'utilise le contexte pour raconter de manière différente. »
Adam vient d’ailleurs de recevoir en début d’année une aide financière du Programme pilote pour la création numérique (PPCN) du Fonds des médias du Canada (FMC). Cela lui permettra pour une rare fois de s’entourer d’une équipe de tournage et de montage, en plus de louer de l’équipement professionnel.
Le film sera inspiré de l’une de ses précédentes œuvres verticales sur TikTok dans laquelle trois soldats d’époques différentes (tous joués par Adam) discutent ensemble. Le tournage doit débuter cet été.
Vertical contre horizontal
Les vidéos verticales, aussi appelées microséries ou microdrames, ont de plus en plus la cote auprès des téléspectateurs branchés sur leur téléphone. Télé-Québec a même sauté dans le train au printemps 2026 en diffusant sur TikTok La mascotte du chaos, une microsérie verticale de 18 épisodes destinée aux ados.
« C'est une manière de regarder son téléphone qui est tellement rendue évidente que ça ne peut pas s'arrêter, à moins qu'on invente un téléphone triangulaire », rigole Adam Paradis.
D’une durée qui dépasse rarement les deux minutes, ces vidéos sont filmées spécifiquement pour le cellulaire dans un format 9:16. Adam en tourne régulièrement pour sa chaîne TikTok. Ça lui permet de présenter d’étroits plans fixes qui redonnent au dialogue toute son importance.
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« Je trouve qu'il y a un style à des plans fixes, dit-il. L'œil est beaucoup moins poussé à aller partout. Déjà qu'il est tellement stimulé quand tu es sur du vertical avec les sous-titres et les changements de plans constants! Donc là, on se focalise vraiment plus sur le personnage, sur ce qui est raconté. »
Adam ne délaisse pas pour autant les plans larges associés à la télévision, qu’il réserve à ses plus longs courts métrages. Selon lui, les modes vertical et horizontal peuvent très bien cohabiter.
« Il faut arrêter de penser que l'un va prendre la place de l'autre! s’exclame-t-il. Moi, je pense que les gens vont toujours apprécier écouter un contenu long horizontal pendant 30 minutes, une heure ou même deux heures, mais il reste que quand ils sont en déplacement, ils vont continuer d'apprécier le format plus court. »
Vivre des réseaux sociaux
Après avoir passé plus de la moitié de sa vie comme youtubeur, Adam considère que son métier est « un travail comme un autre ». Ses revenus proviennent des visionnements sur YouTube et de publicités pour des produits sur sa chaîne. L’an dernier, il dit avoir fait 70 000 $ en revenu. Pas mal pour un autodidacte avec un diplôme secondaire en poche.
Jeune homme frugal, Adam réinvestit la quasi-totalité de ses revenus dans la production de ses vidéos. C’est ce qu’il fera pour son prochain court métrage, en plus du financement obtenu du FMC. Cette fois-ci, il pourra se concentrer sur la scénarisation, la réalisation et le jeu, et laisser le reste de la production à son équipe.
« Je vais pouvoir produire quelque chose de plus ambitieux que d'habitude parce que je vais également en financer une partie », se réjouit le créateur de contenu, qui estime à près de 20 000 $ le coût de production d’un court métrage.
Adam Paradis est la preuve que les réseaux sociaux ne sont plus un tremplin vers les médias traditionnels. Certains créateurs de contenu comme lui sont très bien là où ils sont.