La saison 2 de «North of North» met le cap vers le sud 

North of North revient pour une deuxième saison pleine de surprises, notamment un voyage au sud du Nunavut. Les créatrices et têtes d’affiche nous entraînent dans les coulisses de la série et reviennent sur les raisons de son succès international.

En entrevue, les productrices de North of North (Chronique arctique), Alethea Arnaquq-Baril et Stacey Aglok MacDonald, ainsi que la productrice exécutive Miranda de Pencier sont pleines de gratitude.

La première saison de leur comédie inspirante, qui se déroule dans la communauté inuite fictive d’Ice Cove, a séduit autant le public que la critique. Diffusée sur CBC Gem, APTN et Netflix, North of North a obtenu la note très convoitée de 100% auprès des critiques sur Rotten Tomatoes. Selon Netflix, la série a cumulé près de 9 millions de visionnements à l’échelle mondiale au cours de ses premiers mois diffusion, se hissant au top 10 des contenus les plus regardés sur la plateforme dans 33 pays.

Quelques heures après la fin de cet entretien, l’équipe remportait neuf récompenses sur ses 20 nominations aux Prix Écrans canadiens 2026, dont celle de la meilleure série comique.

Mais pour l’instant, les interprètes et les créatrices de North of North sont réunies dans un hôtel du centre-ville de Toronto pour parler à la presse de la suite des choses.

"Woman in a fur-lined hooded parka and sunglasses rides a snowmobile in a snowy village; people in winter clothing and houses are visible in the background under a bright sky."
Anna Lambe dans la saison 2 de North of North. Crédit photo : courtoisie de CBC/APTN/Netflix.

La deuxième saison débarque sur les petits écrans en septembre, d’abord sur APTN+ le 1er septembre, puis sur CBC, CBC Gem et APTN le 8 septembre.

On peut se demander si l’équipe ressent de la pression face aux attentes élevées : « J’ai ressenti énormément de pression lors de la première saison, parce qu’on créait quelque chose de totalement nouveau, sans savoir comment notre communauté allait réagir, ni même si le monde s’y intéresserait », affirme Alethea Arnaquq-Baril.

« Bon, disons qu’il y a quand même une certaine pression, avec notre score de 100% chez les critiques de Rotten Tomatoes pour la première saison, alors maintenant, c’est “aaahhh” », ajoute Miranda de Pencier en riant.

« Cette saison-ci a été beaucoup plus agréable et plus facile, poursuit Alethea Arnaquq-Baril. Pas que ça ait été facile, mais lors de la première saison, on avait l’impression qu’on allait mourir [rires]. Cette fois-ci, on a vraiment pu profiter du processus. On savait avec qui on travaillait, et à quel point ces personnes tenaient à la série et à notre vision. »

« On continue à miser sur l’humour et l’émotion, ajoute Stacey Aglok MacDonald. Je pense que ce qui compte le plus pour nous, c’est que, même si on adore rire, on aime aussi ressentir des émotions et explorer ce qui fait vraiment partie de nos vies, pas juste des moments drôles ou des plaisanteries, mais aussi de véritables enjeux. C’est donc un ton que nous conservons tout au long de la saison 2. »

Au-delà d’Ice Cove

Tournée à Iqaluit, au Nunavut, la série suit l’irrépressible Siaja (Anna Lambe), une jeune épouse et mère qui prend la décision audacieuse de quitter son mari égocentrique, Ting (Kelly William), pour tracer sa propre voie. On la suit jongler entre son rôle de mère, les opinions de sa mère intransigeante Neevee (Maika Harper) et son travail au sein de sa communauté adorée.

NOBD7F 1
Anna Lambe et Maika Harper dans la saison 2 de North of North. Crédit photo : Marni Grossman/CBC/APTN/Netflix.

Dans cette nouvelle saison [ATTENTION : divulgâcheur!], Siaja quitte Ice Cove et met le cap vers le sud à la recherche de la sœur dont elle ignorait l’existence.

Pour les actrices principales, Anna Lambe et Maika Harper, cette révélation concernant une sœur secrète – dévoilée dans le dernier épisode de la saison 1 – a été aussi surprenante pour elles que pour le public. Toutes deux étaient présentes lors de la journée de presse, sans savoir qu’elles repartiraient elles aussi gagnantes des Prix Écrans canadiens plus tard dans la soirée. Lambe a remporté le prix de la meilleure interprétation dans un rôle principal (comédie), tandis que Harper a reçu celui de la meilleure interprétation dans un rôle de soutien (comédie).

« Une grande partie de l’intrigue était gardée secrète et on ne la découvrait qu’au fur et à mesure qu’on avançait dans le scénario, raconte Anna Lambe. Quand j’ai appris la révélation concernant la sœur, je pleurais et je tremblais. Je me souviens d’avoir envoyé un texto à Stacey, Alethea et Miranda en leur disant : “Les filles, quoiiiii! Oh mon Dieu!” »

« C’était tellement divertissant d’être face à cette grande révélation, parce qu’on ne savait vraiment pas ce qui allait se passer. On lisait le scénario au fur et à mesure, ajoute Maika Harper. Et je pense qu’on était également en train de trouver notre ton; nous n’étions pas encore tout à fait certaines du ton à adopter, alors tout a été un processus d’apprentissage. »

La relation entre Siaja et Neevee est l’un des points forts de la série. Siaja aimerait que sa mère s’ouvre davantage, tandis que Neevee retient délibérément ses émotions. Leur relation mère-fille est complexe, ce qui offre aux actrices une matière riche à explorer ensemble.

« Siaja et Neevee sont tellement différentes, ce sont des personnages si différents, explique Anna Lambe. Mais elles vibrent à une fréquence très similaire en termes d’intensité et d’émotions. Elles sont profondément liées par l’amour, mais elles l’expriment différemment. Je pense que le fait d’être toujours prêtes à nous adapter à l’énergie de l’autre, avec une confiance totale l’une envers l’autre, rend notre collaboration facile. »

« Nos deux personnages sont tellement vulnérables ensemble que, chaque fois que nous travaillons ensemble, on est prêtes à jouer le jeu », ajoute Harper.

Entre mélodrame et « comédie clownesque »

Les parcours de Siaja et Neevee connaîtront sans aucun doute leur lot de rebondissements cette saison. On se demande quelles nouvelles avenues les actrices avaient le plus hâte d’explorer.

« Je pense qu’on découvre vraiment d’où vient la maladresse de Siaja », lance Maika Harper en souriant.

« J’étais vraiment contente de pouvoir me plonger autant dans le drame, confie Anna Lambe. Le drame, c’est mon pain et mon beurre. J’adore ça. C’est ce qui a lancé ma carrière et c’est l’une des choses dans lesquelles j’aime vraiment me plonger. »

« Je sais que certaines personnes trouvent ça ridicule, mais moi, j’adore le mélodrame, je trouve ça formidable, poursuit-elle. Alors, pouvoir plonger aussi profondément dans les émotions cette saison et avoir autant d’espace pour le faire, tout en explorant également cette comédie intense, presque clownesque… Il y a tellement de nuances. »

Cette diversité de registres, c’est précisément ce que l’on observe dans les séries produites actuellement par les créateurs canadiens. Des productions comme North of North, Heated Rivalry, Empathie et bien d’autres placent la barre toujours plus haut pour celles qui suivront.

Quel est l’ingrédient secret qui rend nos séries aussi bonnes?

« Le Canada est doué pour faire rire, pour faire ressentir des émotions et pour prendre soin les uns des autres, affirme Alethea Arnaquq-Baril. On investit dans notre culture. On a un système de financement public des arts, et je pense que c’est pour cette raison que nous réussissons à avoir un rayonnement mondial qui dépasse notre poids démographique. »


Ingrid Randoja
Journaliste indépendante, Ingrid Randoja est l'ancienne responsable éditoriale de la section Film du magazine NOW de Toronto, l'ancienne rédactrice en chef adjointe du magazine Cineplex et l'une des membres fondateurs de la Toronto Film Critics Association.
Tous les articles de l’auteur